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Frais d’agences en location: un tournant attendu depuis longtemps sur le marché locatif Français

Après plus d’une décennie de stagnation, le gel de longue date des honoraires d’agence en location en France touche enfin à sa fin.

À compter du 1er janvier 2026, les honoraires réglementés payés par les locataires pourront augmenter pour la première fois depuis 2014, puisqu’ils seront désormais indexés sur l’Indice de Référence des Loyers (IRL), un indicateur clé de l’inflation des loyers. Cette évolution vise à rapprocher les frais de location des réalités économiques du marché.

Dans le cadre actuel, instauré par la loi ALUR il y a près de douze ans, les honoraires facturés par les agences pour les prestations combinées telles que les visites, la constitution du dossier et la rédaction du bail étaient plafonnés à des montants fixes par mètre carré, indépendamment de l’inflation. Or, ces plafonds n’avaient jamais été révisés, contraignant les agences à absorber la hausse des coûts liés à la conformité réglementaire, à la digitalisation, aux effectifs et aux tâches administratives.

Le nouveau dispositif rétablit une indexation annuelle sur l’IRL, permettant ainsi aux honoraires d’évoluer en cohérence avec les tendances générales du marché locatif, plutôt que de rester artificiellement figés.

Pour 2026, les nouveaux plafonds traduisent une hausse modérée d’environ +0,87 %

  • Zones très tendues : 12,10 €/m²
  • Zones tendues : 10,09 €/m²
  • Autres zones : 8,07 €/m²

avec une légère revalorisation correspondante du plafond applicable aux frais d’état des lieux.

Pour les locataires, l’impact financier devrait rester limité, avec des augmentations de quelques euros par mètre carré. Cette réforme n’en demeure pas moins symboliquement forte — et non dénuée de débats. Certaines associations de consommateurs soulignent en effet que les locataires supportent déjà un coût d’entrée élevé dans le logement, en particulier dans les marchés très concurrentiels comme Paris.

Du point de vue des professionnels de l’immobilier, cette évolution était devenue indispensable. Les agences estiment que le gel des honoraires n’était plus soutenable face à l’inflation et à l’augmentation des charges, et que l’indexation apporte enfin visibilité et prévisibilité à un modèle économique fragilisé, notamment pour les structures de petite taille.

En définitive, l’ajustement prévu pour 2026 traduit une volonté de concilier la protection des locataires avec un modèle économique plus durable pour les intermédiaires, marquant une modernisation mesurée mais significative du marché locatif français.

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